Œuvres posthumes (Tome 2) PDF

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S’il y a donc quelque chose, à cette distance, où je puisse, dans ma petite sphère, servir votre neveu ou vous, je vous prie, par le souvenir de notre défunt ami, de me le faire savoir, que vous pouvez voir que celui qui l’a si bien aimé, ne peut qu’être tendrement concerné pour son fils, ni être autrement que je suis.


« Je ne sais si cette lettre vous parviendra un jour. Nous sommes l’un à l’autre inconnus et, pourtant c’est à vous que j’écris comme à un confesseur tendre et complice on livre son âme. Ai-je donc une âme ? et si, par extraordinaire, il se trouvait que j’en possédasse une, je la donnerais volontiers au diable pour l’amour de vous. Vous m’avez donc rencontré par hasard, au détour d’une promenade. Vous avez mis le livre dans la poche, négligemment, en pensant à autre chose. Par exemple à la couleur du ciel en cette fin de journée d’automne. Vous êtes allé sur les bords de la Loire. Vous marchiez à la rencontre du soleil, à son couchant, si bas en cette saison qu’on imagine qu’il va rouler dans le lit du fleuve comme la tête du guillotiné dans le panier d’un miroir. Le regarder vous a rendu aveugle. Vous vous êtes assis dans l’herbe ou sur un banc. Puis, peu à peu, le fleuve a pris feu comme une botte de paille et, à son tour, embrasé le ciel. Vous avez fermé les yeux et vous avez su alors que, vous aussi, étiez en train de brûler. »

Je suis tellement pour la récréation, que je ferais, autant que possible, tout ce qu’ils font être fait ainsi. Il s’agit des échanges d’ouverture d’une série d’entretiens que Foucault a donnés à Claude Bonnefoy, critique littéraire, en 1968. Une chose qu’il me dit, que je dois vous dire, est si agréable aux appréhensions que j’ai toujours eues de l’excellent auteur de l’essai, auquel j’ai quelquefois cru le proposer, savoir.-}

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